Guides · Histoire et principes

Comment fonctionne un thermomètre, famille par famille

Un thermomètre mesure une grandeur physique qui varie avec la température, puis la convertit en degrés. Quatre principes couvrent presque tous les appareils vendus : la dilatation d'un liquide (alcool, gallium), la résistance d'une thermistance dans le digital (±0,1 °C, 10 à 60 secondes), la tension d'un thermocouple pour la cuisine et l'atelier, et le rayonnement infrarouge pour le frontal et l'auriculaire (1 à 2 secondes, ±0,2 à 0,3 °C).

Le principe commun : une grandeur qui change avec la chaleur

Aucun capteur ne « voit » la température. Chacun mesure autre chose : un volume, une résistance électrique, une tension, une puissance rayonnée. Le fabricant connaît la loi qui relie cette grandeur à la température et l'inscrit soit sur une graduation, soit dans le calcul du circuit. La qualité d'un thermomètre tient à la régularité de cette loi et au soin de l'étalonnage, vérifiés par les normes, notamment l'ISO 80601-2-56 pour les thermomètres médicaux, qui impose une erreur maximale de ±0,2 °C entre 35 et 42 °C pour un modèle à contact.

Thermomètre à liquide : la dilatation dans un tube

Un réservoir contient un liquide qui prend du volume en chauffant, prolongé par un capillaire de 0,1 à 0,2 mm de diamètre : une faible variation de volume devient un déplacement visible de plusieurs millimètres par degré. L'alcool coloré sert de −80 à +70 °C, le mercure servait de −38 à +356 °C avant son interdiction dans les thermomètres médicaux en 1999, et l'alliage de gallium (Galinstan) le remplace dans les modèles cliniques sans pile. Le clinique à liquide comporte un étranglement qui bloque la colonne au maximum jusqu'à ce qu'on le secoue. Temps de mesure : 3 minutes en rectal, 5 minutes sous le bras. Détails dans notre page sur le fonctionnement du thermomètre à mercure.

Thermomètre digital : une thermistance et un microprocesseur

La pointe métallique d'un thermomètre digital abrite une thermistance CTN, une perle de céramique dont la résistance chute d'environ 4 % par degré autour de 37 °C. Le circuit fait passer un courant minuscule, mesure la tension, la convertit en température par une table stockée en mémoire, puis affiche le résultat au dixième. Le bip retentit quand la valeur ne progresse plus de plus de 0,1 °C : 10 secondes sur les modèles rapides, jusqu'à 60 secondes en entrée de gamme. Voir aussi ce que signifie la précision d'un thermomètre.

Thermocouple et Pt100 : les capteurs de la cuisine et de l'atelier

Un thermocouple est formé de deux fils de métaux différents soudés à leur extrémité. La jonction produit une tension de quelques dizaines de microvolts par degré (41 µV/°C pour le type K), mesurable de −200 à +1 250 °C : c'est le capteur des thermomètres à sonde de cuisine et des pistolets de barbecue, avec une tolérance typique de ±1 °C. La sonde Pt100 mesure la résistance d'un fil de platine, 100 Ω à 0 °C, avec ±0,15 °C en classe A. Le choix entre les trois est détaillé dans thermocouple, thermistance ou Pt100.

TechnologieGrandeur mesuréePlage typiqueToléranceDélai
Liquide (alcool, gallium)Volume du liquide−80 à +70 °C (alcool)±0,1 à ±1 °C selon usage3 à 5 min
Digital (thermistance)Résistance électrique32 à 43 °C (médical)±0,1 °C10 à 60 s
Thermocouple type KTension de jonction−200 à +1 250 °C±1 °C2 à 5 s
Pt100Résistance du platine−200 à +600 °C±0,15 °C (classe A)5 à 30 s
Infrarouge (thermopile)Rayonnement émis−50 à +550 °C (atelier) ; 34 à 43 °C (médical)±0,2 à ±0,3 °C (médical)1 à 2 s

Thermomètre infrarouge : mesurer sans toucher

Tout corps émet un rayonnement infrarouge dont la puissance augmente avec la température (loi de Stefan-Boltzmann, proportionnelle à la puissance quatrième de la température absolue). Une lentille concentre ce rayonnement sur une thermopile, un empilement de thermocouples miniatures, qui délivre une tension. L'appareil compare cette tension à celle de son propre capteur de température ambiante et en déduit celle de la cible. Deux paramètres commandent le résultat : l'émissivité de la surface (0,98 pour la peau, 0,1 pour l'inox poli) et la distance, car la zone visée s'élargit avec l'éloignement. Un frontal médical lit la peau au-dessus de l'artère temporale et applique une correction pour afficher un équivalent de température centrale ; un auriculaire vise le tympan. Le thermomètre infrarouge d'atelier, lui, n'a pas cette correction et affichera 34 ou 35 °C sur un front.

L'erreur fréquente : attendre du capteur ce que le geste ne donne pas

Un thermistance juste à ±0,1 °C ne sert à rien si la pointe n'est pas au fond de l'aisselle ou si l'on retire l'appareil au bip d'un modèle rapide : l'erreur de geste atteint 0,5 à 1 °C, cinq à dix fois la tolérance du capteur. Un frontal ±0,2 °C se trompe d'un degré sur un front en sueur. Le fonctionnement fixe la précision maximale possible ; le geste, décrit dans comment prendre la température, décide de la précision réelle.

Fièvre : quelle que soit la technologie, 38 °C marque le seuil de fièvre. Avant 3 mois, 38 °C impose une consultation le jour même, et la voie rectale reste la référence avant 2 ans. Ce site ne remplace pas un avis médical.

Pour qui cette page n'est pas faite : si vous cherchez un modèle précis à acheter, passez directement par le hub des guides ou par le comparatif du meilleur thermomètre médical ; ici, on explique le capteur, pas le catalogue.

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Questions fréquentes

Comment un thermomètre digital sait-il quand s'arrêter ?

Le processeur suit la montée de la température et déclenche le bip quand elle ne progresse plus que de 0,1 °C ou moins sur quelques secondes. Sous le bras, cette stabilisation est lente : mieux vaut laisser l'appareil en place une minute de plus après le signal.

Pourquoi un thermomètre infrarouge donne-t-il une valeur différente d'un digital ?

Il mesure la peau du front ou le tympan, pas l'intérieur du corps, puis applique une correction propre à chaque marque. Un écart de 0,2 à 0,5 °C entre les deux appareils est normal. Ce qui compte est de suivre l'évolution avec le même thermomètre.

Un thermomètre à mercure est-il plus précis qu'un digital ?

Non. Un clinique à mercure et un digital certifié affichent tous deux ±0,1 °C. Le mercure est plus stable dans le temps, mais sa lecture à l'œil ajoute une erreur de parallaxe de 0,1 à 0,2 °C. Sa vente est interdite en France depuis 1999.

Que mesure exactement un thermomètre laser ?

Le laser ne mesure rien : il indique seulement le centre de la zone visée. La mesure vient de la thermopile, qui capte le rayonnement infrarouge d'un disque dont le diamètre grandit avec la distance, par exemple 1 cm à 12 cm pour un rapport 12:1.